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Dans cet album nous avons fait le choix d’un programme entièrement original, constitué de 9 pièces qui nous ont séduits par la qualité de leur écriture, leur concision et leur force poétique. Pour aboutir ce projet nous avons eu le plaisir de travailler et d’échanger avec les compositeurs de toutes ces œuvres et nous leur en avons proposé le premier enregistrement mondial. |
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La pièce de Pascal Dusapin, Duo à deux fonctionne ainsi comme une exploration de ce trouble schizophrénique. La pièce de Bruno Mantovani pose aux interprètes le défi de la fusion des sons. METAL (derrière ce titre nous devinons qu’il s’agit d’un alliage) repose sur des superpositions de sonorités très tendues et des relais audacieux entre les deux instruments. Les Dix duos de Philippe Hersant se savourent comme autant de miniatures illustrant un manuel de l’art de dialoguer à deux voix. Jointes ou disjointes, conjuguées ou simplement juxtaposées, alliées ou opposées, les deux voix apparaissent tantôt cheminant côte à côte (n°1), tantôt face à face (n°4, n°6), s’enlaçant (comme dans la pièce n°5 où les voix recherchent une fusion complète et lascive), se repoussant, ou s’ignorant respectueusement (comme dans la pièce n°10). Sezişler (que l’on peut traduire par intuitions ou perceptions) d’Ahmet Adnan Saygun est d’un caractère très rhapsodique. Cette pièce (datant de 1933, elle est de loin la doyenne des pièces enregistrées ici) est écrite comme une suite de 5 courts mouvements aux couleurs automnales, jouant sur le dialogue et le contrepoint, l’intimité et la retenue. Pour Guillaume Connesson, écrire pour 2 clarinettes est l’occasion de nous introduire dans des Scènes de la vie contemporaine, comme si le prosaïque était une façon de répondre au son de la clarinette, ou plus vraisemblablement à l’idée de duo. Les instruments s’exclament ainsi joyeusement devant les cimaises (au Musée), se font galamment la cour à l’occasion d’un Dîner amoureux. Dans le Cauchemar du DJ les 2 clarinettes sont entrainées dans des rythmes puissants et quasi hallucinatoires, évoquant quelque chose d’une techno schizoïde. Dans l’introduction de Parking Schubert, Bernard Cavanna réussit à créer l’illusion d’un seul instrument jouant plusieurs voix simultanément. Grâce à l’écriture parallèle des deux clarinettes il évoque les sonorités de l’orgue de Barbarie ou de l’orgue à bouche chinois sheng. La pièce de Michael Jarrell nous entraîne de manière vertigineuse bien plus loin dans la problématique du double. Une clarinette (en si bémol) en cache une autre (la clarinette en la). L’idée d’apparier ces faux jumeaux aux sonorités si proches tient du paradoxe. Le titre M.P / P.M. (les lettres des initiales des créateurs de la pièce, Michel Portal et Paul Meyer) évoque bien cette fausse gémellité. C’est à un autre contrepoint que nous invite Daniel D’Adamo dans son Goodbye Universe \ X. Plutôt que de chercher la synchronicité et le parallélisme entre les voix, il les tisse d’une manière plus articulée, avec des jeux d’attaques et de résonances, de causes suivies d’effets ou d’involution. C’est finalement une façon plus contradictoire ou dialectique d’imaginer la rencontre, ici entre deux autres instruments rarement appariés, la clarinette si bémol et la clarinette piccolo en mi bémol. Avec le dialogue naît la possibilité du décalage, de l’ironie, du débat. C’est à ces jeux d’apparition du langage que nous invite Bojidar Dimov dans ses Rituals for clarinet duo. La réalisation de ce disque nous a donné beaucoup de joies, particulièrement les moments passés avec les compositeurs. Tous nous ont accordé une extrême attention, en même temps que de précieux conseils, et nous les en remercions chaleureusement. |
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| Nicolas Nageotte et Bruno Bonansea | |||||||||||||||
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